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Energie solaire : le début de la grande aventure

Borne de recharge Tesla

L’énergie solaire a gagné la bataille de la compétitivité. Une électricité écologique et « presque gratuite » va naturellement modifier en profondeur l’organisation de la société et rapprocher les écosystèmes de l’habitat et de la mobilité.

Avec ses trois cartes – la voiture électrique Tesla, les tuiles Solar City et la batterie Powerwall – Elon Musk a désormais en mains les atouts maîtres du jeu, du Grand Jeu comme on qualifiait au 19e siècle la lutte d’influence que se livrèrent les grandes puissances pour s’approprier la manne pétrolière au Moyen-Orient.

L’entrepreneur visionnaire va faire un tabac avec cette approche : il n’est plus question de technologie, car si on se pose des questions sur ces tuiles – on ne connaît pas leur mode de connexions ni la façon d’assembler les modules -, il est d’ores et déjà possible de les acheter sur internet. Non, ce qui est important, c’est qu’il a intégré verticalement les trois dimensions de la question énergétique : la production, le stockage et la mobilité qui, avec l’émergence des énergies intermittentes compétitives, sont plus que jamais interdépendantes.

Demain, de grandes sociétés de services comme Engie ou EDF pourraient à leur tour vendre des voitures ou les louer, exactement comme Orange vend déjà des téléphones. Mais il n’y aura pas de nouvelles concessions accordées à tel ou tel opérateur, car ces nouveaux services seront directement commercialisés sur la toile. À leur tour, ces opérateurs historiques devront intégrer la mobilité en ayant recours à une production d’électricité propre et concurrentielle.

Simultanément, le coût du photovoltaïque poursuivant sa tendance à la baisse, sa production sera systématiquement intégrée à celle des bâtiments si leurs promoteurs veulent rester dans la course et répondre aux exigences de leurs clients. C’est donc bien un renversement de perspective.

Aujourd’hui, on analyse les consommations d’un bâtiment pour tenter d’y répondre par des solutions solaires, au moins partiellement. Demain, ce sont tous les usages qui seront pris en compte afin de les satisfaire avec du solaire. Et c’est ainsi que la satisfaction simultanée des besoins énergétiques domestiques et d’une mobilité à partir d’une source renouvelable et décarbonnée qui va s’imposer.

Demain, grâce à la blockchain, il sera possible de charger son électro-mobile avec du solaire où que vous soyez.
Dès lors, le sujet sur lequel nous devons concentrer tous nos efforts, ce n’est déjà plus l’autoconsommation, mais bien le digital ! En Allemagne, certains parlent déjà de « cloud Energy », c’est-à-dire d’un lieu de stockage virtuel où se feront les échanges entre l’offre et la demande. Le responsable du périmètre d’équilibre aura la gestion de cette batterie virtuelle dont il fixera les droits d’accès. Pour les opérateurs d’énergie, existants ou à venir, c’est potentiellement une source de revenu considérable. Et c’est pourquoi il y a déjà des levers de fonds pour mettre en oeuvre ce nouveau marché dans toute l’Europe.

L’enjeu n’est donc plus de savoir s’il est efficace ou non de fixer un seuil pour les appels d’offres à 100 kWc ou si l’autoconsommation doit s’acquitter de différentes taxes. L’enjeu, c’est de ne pas rester les deux pieds dans le même sabot et d’aller voir ce que mijotent Amazon ou Google, car ce sont eux qui vont offrir des solutions ! Avec le digital, le temps se compte en semestre, on parle de saisons. Il est donc grand temps de changer de paradigme.

Le Cercle – Les Echos – André Joffre – le 09/10/2017

 

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